Cas cliniques
Clinique lacanienne – Chapitre VIII – Quand la répétition remplace l’angoisse
On a longtemps cru que l’enfant qui ne pleure pas, qui ne craint pas, qui s’accommode de l’absence avec une aisance presque troublante, était un enfant fort, déjà maître de lui-même, prématurément affranchi des fragilités ordinaires.
Mais cette apparente tranquillité dissimule parfois un autre destin. Car là où l’angoisse n’a pas pu se constituer comme signal, comme bord, comme première élaboration de la perte, quelque chose demeure en suspens, comme tenu en réserve dans la vie psychique.
Ce qui n’a pas été éprouvé ne disparaît pas ; il attend. Et lorsque plus tard le réel se présente sans médiation, sans avertissement, c’est sous la forme de l’effroi qu’il surgit — ou pire encore, dans ces moments où le sujet, incapable de symboliser ce qui le traverse, le fait vivre à un autre.
Ainsi, certains enfants qui n’ont jamais appris à avoir peur deviennent, sans le savoir, les vecteurs d’une peur qu’ils n’ont jamais pu éprouver.
Clinique lacanienne – Chapitre VII – L’inquiétant
Il n’y a de clinique qu’à partir de ce point :
là où le sujet ne peut plus se raconter
que ce qui lui arrive vient d’ailleurs.
Clinique lacanienne – Chapitre VI — Après Dieu, les protocoles…
Nous pensions avoir congédié les anciens dieux.
Nous avons simplement changé de maîtres.
Là où l’interdit structurant faisait limite,
des protocoles désormais règlent nos vies sans jamais se dire comme loi.
Freud n’attendait pas la fin du transfert,
ni la chute d’un savoir supposé.
Il savait autre chose :
qu’il y a des points où il faut s’arrêter —
et que sans interdit, ce n’est pas la liberté qui s’ouvre,
mais la capture.
Clinique lacanienne – Chapitre V – Est-ce que ce monde est sérieux ?
Et si le problème n’était pas la maladie… mais notre façon d’être trop sérieux avec elle ?
Entre le grand stoïcien courageux qui serre les dents et le petit yiddish timoré qui lâche un « Oy… » en levant les yeux au ciel, tout un monde se joue.
Un monde où l’on peut souffrir sans s’effondrer, se plaindre sans se prendre au sérieux, et même rire… au pire moment.
Car au fond, savoir y faire avec son symptôme, c’est peut-être juste ça : ne jamais lui laisser le dernier mot.
Clinique lacanienne – Chapitre IV – La dictature intérieure
Et si ce qui nous commande le plus sûrement n’élevait jamais la voix ?
Dans un monde où tout semble permis, où l’objet est à portée de main, une autre loi s’installe — plus discrète, plus intime, plus exigeante. Le sujet contemporain ne ploie plus sous l’interdit, il s’épuise à répondre à une injonction sans visage, à une dette sans créancier. Il ne jouit plus de ce qu’il possède, mais de ce à quoi il renonce.
Ce texte explore cette mutation silencieuse : celle d’un surmoi devenu invisible, et d’autant plus implacable qu’on le croit disparu.
Clinique lacanienne – Chapitre III – La peau de chagrin
Il est des souffrances que nous croyons subir, et qui pourtant nous tiennent.
Des blessures qui, loin de nous détruire, nous préservent d’un effondrement plus profond encore.
Le symptôme appartient à cette étrange catégorie :
il enferme — et néanmoins protège,
il appauvrit — et néanmoins soutient.
Clinique lacanienne – Chapitre II – Dostoïevski : le parricide et le destin du symptôme
Chez Dostoïevski, le symptôme ne cède pas.
Freud y reconnaît la marque d’un désir coupable, retourné contre le sujet.
Mais la répétition persiste, et avec elle une part irréductible.
C’est là que s’ouvre une autre perspective :
le symptôme n’est pas seulement à interpréter,
il est aussi ce avec quoi le sujet tient.
Clinique lacanienne – Chapitre I – Introduction générale
Le symptôme ne dit pas seulement quelque chose.
Il insiste.
Avec Lacan, le langage ne révèle plus une vérité cachée :
il marque le corps, il divise le sujet, il laisse des traces.
Clinique lacanienne part de là.
Du point où parler ne libère pas — mais engage.
« Ce que je n’ai pas dit » – Version intégrale et enrichie
« Ce que je n’ai pas dit » met en scène un face-à-face imaginaire entre Freud et Lacan, entre chair et lettre, entre plainte et structure.
Freud accuse Lacan d’avoir transformé la psychanalyse en machine froide, un nouvel organicisme où le sujet se perd ; Lacan revendique sa logique, son style, son vide.
De ce duel vibrant naît une question laissée au public : que faisons-nous de ce qui n’a jamais été dit ?
« Ce que je n’ai pas dit » – Acte V – La couture
La lumière est chaude, presque dorée. Le miroir fissuré laisse passer un rai de lumière plus franc. L’étoffe est étalée au sol entre Freud et Lacan. Ils tiennent chacun un pan. Le public sent que le dialogue touche à un point culminant.
“Voilà la grande erreur de toujours : s’imaginer que les êtres pensent ce qu’ils disent”
Jacques Lacan









